•  Only Lovers Left Alive

    Date de sortie:
    19 février 2014
    Réalisateur: Jim Jarmusch
    Acteurs: Tom Hiddleston, Tilda Swinton, Mia Wasikowska
    Durée: 2h03
    Synopsis: Dans les villes romantiques et désolées que sont Détroit et Tanger, Adam, un musicien underground, profondément déprimé par la tournure qu’ont prise les activités humaines, retrouve Eve, son amante, une femme endurante et énigmatique. Leur histoire d’amour dure depuis plusieurs siècles, mais leur idylle débauchée est bientôt perturbée par l’arrivée de la petite sœur d’Eve, aussi extravagante qu’incontrôlable. Ces deux êtres en marge, sages mais fragiles, peuvent-ils continuer à survivre dans un monde moderne qui s’effondre autour d’eux ?

     

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    Mon avis:

    J’ai beaucoup hésité à aller voir ce film. Bien que le traitement réservé au sujet semblait être original et plutôt intriguant, le thème des vampires reste tellement vu et (parfois très mal) revu que l’overdose me guettait.
    Mais une amie m’ayant proposé d’aller le voir, je me suis dit « Pourquoi pas après tout ? »

    Sa remarque sur le fait que le style du réalisateur soit très contemplatif m’a cependant encore moins rassurée une fois dans la salle de cinéma. Et pourtant…

    J’ai été charmée et suis ressortie avec l’impression d’avoir vu un très bon film. Il a une ambiance, et presque une aura, vraiment particulière qui donne au long-métrage toute sa saveur. Il ne plaira cependant pas à tout le monde puisque, d’avantage qu’une intrigue avec tenants et aboutissants, Jim Jarmush nous propose ici une virée dans la vie de ses personnages sans réel début ou fin d’histoire. Le réalisateur nous laisse d’ailleurs volontairement dans le doute durant toute l'histoire puisque beaucoup d'éléments sur lesquels on pourrait s'interroger ne sont jamais expliqués et que nombres de questions qui surgissent dans notre esprit ne trouvent jamais leurs réponses. Le tout, sans jamais frustrer le spectateur, ce qui assez bluffant. Mais ce qui fait la particularité de ce Only Lovers Left Alive, hormis son jeu d’acteur vraiment excellent (en particulier la performance de Tilda Swinton),  c’est cette ambiance singulière qui reste longtemps en mémoire après le visionnage, due autant à une réalisation particulièrement belle et maîtrisé qu’à une musique envoutante qui ne pouvait plus coller au film, bien qu’elle ne soit pas du tout mon style, couplé à ce rythme délibérément lent qui pourtant n’ennuie pas un seul instant.

    Enfin, last but not least, les vampires dont il est question sont d’une rare crédibilité, tout en ayant chacun un caractère qui leur est propre (on retiendra l’insouciance d’Ava en contradiction avec le caractère renfermé d’Adam) et viennent presque ridiculiser toute les figures du mythe que l’on nous présentait jusqu’alors.  Posés, ayant acquis une certaine sagesse et surtout un certain savoir au fil des siècles, ils se révèlent étonnamment vraisemblable et beaucoup se régaleront de toutes les références littéraires autant que musicales remixées à la sauce vampire et distillées tout au long du film.

    Un très bon film donc, qui me pousse à m'intéresser aux autres œuvres de ce réalisateur.


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  •  The Lunchbox

    Date de sortie:
    11 décembre 2013
    Réalisateur: Ritesh Batra
    Acteurs: Irrfan Khan, Nimrat Kaur, Nawazuddin Siddiqui
    Durée: 1h42
    Synopsis: Ila, une jeune femme délaissée par son mari, se met en quatre pour tenter de le reconquérir en lui préparant un savoureux déjeuner. Elle confie sa lunchbox au gigantesque service de livraison qui dessert toutes les entreprises de Bombay. Le soir, alors que les compliments ne viennent pas, elle comprend que la lunchbox a été remis à quelqu'un d'autre. Ila glisse alors dans la lunchbox un petit mot, dans l'espoir de percer le mystère.
     

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    Mon avis:
     
    Je partais voir ce film sans grande conviction, seulement intriguée par les critiques positives lues ici et là.
    Grand bien m’en a pris puisque ce film est pour l’instant mon coup de cœur cinématographique de 2014.
    Ritesh Batra nous livre ici une jolie romance sur fond d’échange épistolaire et de saveurs exotiques qui nous mettent franchement l’eau à la bouche.

    Les personnages sont attachants chacun à leur façon, de la femme délaissée par son mari au vieil homme grincheux, en passant par le personnage un peu naïf de Shaikh mais aussi Aunti, la voisine que l’on ne voit jamais mais qui acquiert tout de même une véritable personnalité et apporte la juste touche d’humour au récit.

    De la même façon, la relation qui se tissent entre les personnages est elle aussi touchante grâce à la réalisation toute en sobriété  et en finesse de Ritesh Batra, qui est un des points forts du film selon moi.
    Si certains la trouveront assez plate et sans originalité (comme mon acolyte de ciné et je dois avouer qu’il n’a pas tout à fait tort et que, paradoxalement, c’est un point faible que l’on pourrait reprocher au film, de même qu’un montage assez peu dynamique) elle a l’avantage d’éviter les poncifs des comédies romantiques et de nous conter l’histoire avec une certaine finesse. 

    Tout en retenu, le réalisateur préfère laisser sous-entendre bons nombres d’éléments en les évoquant à demi-mot plutôt qu’en les montrant ou les explicitant clairement à l’écran, procédé que j’ai particulièrement apprécié. La fin, qui s’accorde à merveille au ton du film, va d’ailleurs en ce sens puisqu’elle laisse le choix au spectateur de se faire son propre épilogue.

    Enfin, loin de se cantonner à la romance épistolaire de nos deux protagonistes, le long métrage en profite aussi pour évoquer des thèmes comme la solitude ou encore la vieillesse à travers le personnage de Sajaan, dont l’évolution  au fil du long métrage ne peut nous laisser insensible.

    En bref, un film peu convenue et réalisé tout en finesse avec juste ce qu’il faut d’émotion  pour être touchant sans basculer dans la niaiserie et les bons sentiments, bien que la réalisation peu rythmée puisse en déranger certains.

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  • Léo, roi de la jungle - Yoshio Takeuchi Le roi Léo

    Date de sortie:
    20 avril 2005
    Réalisateur: Yoshio Takeuchi
    Acteurs: Yoshiko Ohta, Sumi Shimamoto, Kappei Yamaguchi
    Durée: 1h40
    Synopsis: Léo, un lion blanc, fait régner la loi dans la jungle. Il aide aussi sa femme Laia à élever ses deux lionceaux, Louné et Lukio. Le lion est secondé dans sa tache par les autres animaux, même par les éléphants qui sont pourtant peu travailleurs. Quand un groupe d'hommes pénètre dans la jungle à la recherche de l'introuvable mont de la Lune dont les pierres sont très prisées car source d'énergie, Léo s'efforce de maintenir l'ordre malgré cette irruption. Mais il se retrouve confronté à un étrange virus dévastateur et à un gigantesque incendie ! Léo, avec son allié le professeur Moustache, décide de se rendre sur le site des pierres du Mont de la Lune... Pendant ce temps, les lionceaux, échappant à la vigilance des parents s'éloignent imprudemment, et Louné le male, très intrigué par le monde des humains, décide de quitter la jungle...
    • Adaptation du manga Le roi Léo d'Osamu Tezuka (critique ici)

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    (en VF et en mauvaise qualité, je n'ai malheureusement pas trouvé mieux)

     

     

     
    Mon avis:
     
    Je tiens en premier lieu à préciser que, pour les besoins d'un challenge, ma critique portera sur la comparaison entre le long métrage et l’œuvre originale d'Osamu Tezuka, et non sur le film en lui-même.

    Cette adaptation de la série de manga d’Osamu Tezuka, si elle se concentre essentiellement sur l’histoire du troisième et dernier opus, mixe cependant dans son scénario un peu des deux tomes précédents. Si ce procédé peut-être appréciable par certains côtés, il reste que le manga n’est pas fait pour être adapté dans un film aussi court à mon sens. Je m’en vais vous expliquer pourquoi.

    L’intrigue, qui se déroulait déjà trop vite dans l’œuvre originale, passe ici à la vitesse grand V. On perd alors tout le souffle épique qui accompagnait l’ascension du fameux mont Moon puisque le suspens concernant la pierre de lune n’a pas le temps de se mettre en place. On a aussi beaucoup de mal à comprendre les liens qui unissent les personnages entre eux, qui perdent alors en crédibilité car ils semblent trop soudains.
    Ainsi le sacrifice de fin, que j’avais trouvé magnifique dans le livre, perd ici tout son sens et sa beauté.
    En revanche, il faut reconnaitre que l’attachement au personnage se fait bien plus vite ici que dans l’œuvre de Tezuka.

    D’autre part, bien que j’aie été ravie de revoir le personnage de Hamm Egg qui n’était à la base présent que dans le premier tome, je n’ai pas du tout aimé le traitement qui en a été fait. On se retrouve ainsi avec un tout autre personnage banal, bête et méchant, alors que le livre nous le présentait comme beaucoup moins caricatural et un peu plus humain (notamment grâce à sa fille Marie, absente de l’adaptation) malgré son côté vénal.

    De même, je n’ai pas bien compris l’intérêt de faire apparaître les professeurs Plus et Moins pour cinq minutes d’écran, pour ensuite les remplacer par d’autres personnages complètement inventés (le personnage de Limonade) lors de l’ascension du Mont Moon. Non vraiment, je ne comprends pas le but du choix opéré.
    Rappelons d’ailleurs au passage que M. Moustache (rebaptisé M. Omelette dans le film…sérieusement ?) n’est absolument pas un scientifique, contrairement à ce que le raccourci fait par l’adaptation voudrait nous faire croire.
    De cette façon, l’ascension du Mont Moon en perd grandement en crédibilité, d’autant plus que le fameux M. Moustache se révèle beaucoup moins sympathique et drôle que dans le manga.

    Côté jungle, je n’ai pas grand-chose à redire, si ce n’est que j’ai beaucoup aimé le côté « excité » donné au personnage de Coco qui correspond exactement à l’image du personnage que nous offrait déjà le manga.

    Enfin, bien que le final soit beau, il se révèle assez décevant par rapport à celui du livre d’origine, à cause des raisons invoquées plus haut.

    Une adaptation un peu décevante donc, car elle souffre de son format trop court de mon point de vue.
    Mais consolons-nous en rappelant que cette adaptation du célèbre manga n’en est qu’une parmi tant d’autres et que, hormis toute considération de fidélité à l’œuvre originale, l’œuvre est tout de même sympathique et fait passer un agréable moment.


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  • Sans identité - Jaume Collet-SerraSans identité

    Date de sortie: 2 mars 2011
    Réalisateur: Jaume Collet-Serra
    Acteurs: Liam Neeson, Diane Kruger, January Jones
    Durée: 1h50
    Synopsis: Alors qu'il est à Berlin pour donner une conférence, un homme tombe dans le coma, victime d'un accident de voiture. Plus tard, une fois réveillé, il apprend qu’un autre homme a pris son identité et cherche à le tuer. Avec l’aide d’une jeune femme, il va tout mettre en œuvre pour prouver qui il est.  

     

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    Mon avis:

    Moi qui voulais voir ce film depuis longtemps…Quelle déception !
    Alors qu’au vu du sujet, il y avait vraiment quelque chose d’intéressant à faire au niveau de la psychologie des personnages, du moins celle du personnage principal, le film retombe bien vite dans le blockbuster d’action bête et méchant.

    Les personnages sont incroyablement creux et, pour certains, assez mal joués (je pense notamment à January Jones), un comble pour un film traitant de l’amnésie !

    Le début du film est, quant à lui, incroyablement lent et comble le manque d’avancée du scénario par des courses poursuites à trois francs six sous. Entendons-nous bien, je n’ai absolument rien contre les scènes d’actions ou les courses poursuites quand celles-ci sont bien amenées et nécessaires au scénario. Cependant, ça commence à me poser problème à partir du moment où le film se sert de ce prétexte pour combler le vide scénaristique dans lequel il patauge, ce qui est le cas ici.

    Avec un concept aussi intéressant, il est dommage de voir une histoire aussi basique et convenue. On accumule coup sur coup clichés et coïncidences peu crédibles inhérents au film d’action.
    D’autre part, bien que le twist de fin soit intéressant, il fait justement retomber le film dans ce côté « film de tueur/espion » ce que je trouve dommage.

    En résumé, un bon film pour qui ne veut pas se prendre la tête. Malheureusement, ce n’est pas du tout une chose que je recherche dans le cinéma. Aussi vite consommé, aussi vite oublié donc.


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  • Fahrenheit 451

    Date de sortie: 11 septembre 1966
    Réalisateur: François Truffaut
    Acteurs: Oskar WernerJulie ChristieCyril Cusack
    Durée: 1h52
    Synopsis: Dans un pays indéfini, à une époque indéterminée, la lecture est rigoureusement interdite : elle empêcherait les gens d'être heureux. La brigade des pompiers a pour seule mission de traquer les gens qui possèdent des livres et
    de réduire ces objets en cendres.
    Guy Montag, pompier zélé et citoyen respectueux des institutions, fait la connaissance de Clarisse, une jeune institutrice qui le fait douter de sa fonction. Peu à peu, il est à son tour gagné par l'amour des livres.
    • Adaptation du roman Fahrenheit 451 de Ray Bradbury (critique ici)

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    Mon avis

    J’ai récemment complété ma culture science-fiction en lisant Fahrenheit 451 de Ray Bradbury.
    Etant curieuse de nature, je me devais donc aussi de regarder l’adaptation. Etant peu habituée des vieilles productions et le film datant de bientôt cinquante ans, je ne savais pas trop à quoi m’attendre.

    Et force est de constater que, si le film se révélait correct dans les années soixante-dix, il a assez mal vieillit et se révèle aujourd’hui plutôt kitsch. Ainsi, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire devant certains effets spéciaux vieillots, auxquels j’ai cependant aisément pardonné compte tenu de la date de sortie du film.

    Concernant l’intrigue du film en elle-même, il y a du bon et du moins bon.

    Moi qui avais adoré le personnage de Clarisse dans le livre, j’ai été enchantée de voir que Truffaut avait saisi tout le potentiel du personnage pour faire avancer l’intrigue et ne se contentait pas de vaguement l’évoquer avant de la faire disparaître quelques temps plus tard  à coups de vagues explications (qui m’avaient immensément frustrée dans le livre).

    Cependant, le réalisateur échoue à faire de cette jeune fille un personnage aussi intéressant que l’avait fait Bradbury. Ainsi, si Julie Christie arrive parfaitement à retransmettre la fraicheur du personnage, il est regrettable que sa vision poétique du monde soit aussi vite expédiée et passe même un peu à la trappe alors qu’elle représentait l’essence même du personnage et faisait tout son intérêt.

    De la même façon, j’ai été peu convaincue du choix fait pour le personnage de Mildred (rebaptisé Linda dans le film sans que j’en comprenne bien la raison par ailleurs…).
    En effet, si la superficialité du personnage ressort bien dans le jeu de l’actrice, le personnage amorphe et presque « robotisé » que nous proposait Bradbury était beaucoup plus frappant et servait bien mieux le propos du film à mon sens.

    D’autre part, j’ai été assez déçue de l’omission du limier (peut-être trop complexe à réaliser en terme technique ?), pourtant véritable personnage du livre à lui tout seul, suffisant à susciter l’effroi chez le lecteur. De même, le personnage de Faber, que je trouvais très intéressant dans son ambivalence de personnage aussi intellectuel que poltron, m’a aussi manqué bien que je reconnaisse que son rôle n’ai pas forcément été nécessaire à l’intrigue.

    En outre, il est aussi dommage de voir que le réalisateur n’ait pas profité du nouveau format de l’œuvre pour enrichir le monde présenté dans l’œuvre originale qui manquait, somme toute, de détails et de profondeur.

    L’interprétation des autres personnages est cependant, quant à elle, très satisfaisante. Oskar Werner a ainsi réussi à donner un intérêt nouveau au personnage de Montag en plus de le rendre presque sympathique. J’ai aussi été bluffée par Cyril Cusak qui interprète Beatty (ou The Captain) à merveille et correspond exactement à l’image que je m’en faisais.

    Enfin, j’ai eu un véritable coup de cœur pour la fin du film, qui diffère un peu de celle du livre mais semble plus pertinente et surtout porteuse d’espoir. Les hommes-livres eux même, qui m’avait peu enthousiasmé dans l’œuvre originale, acquièrent ici une véritable consistance et attirent la sympathie, notamment grâce à une scène sous la neige que j’ai trouvé particulièrement magnifique et poétique.

    Pour conclure, je dirais que, malgré ses points positifs, j’ai été assez déçue de ce long métrage. D’abord par son côté un peu trop vieillot pour un film de science-fiction (bien que je prenne en compte qu’il fut surement bien plus acceptable à l’époque de sa sortie)  mais aussi car il a échoué à me replonger dans l’ambiance du livre comme je m’y attendais.


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