• Et soudain tout change - Gilles Legardinier

    Et soudain tout change - Gilles Legardinier
    Fleuve Noir
    374 pages 
    19,50€ (Broché)

     Résumé:

    Pour sa dernière année au lycée, Camille a enfin la chance d’avoir ses meilleurs amis dans sa classe. Avec sa complice de toujours, Léa, avec Axel, Léo, Marie et leur joyeuse bande, la jeune fille découvre ce qui fait la vie.
    À quelques mois du bac, tous se demandent encore quel chemin ils vont prendre. Ils ignorent qu’avant l’été, le destin va leur en faire vivre plus que dans toute une vie… Du meilleur au pire, avec l’énergie délirante et l’intensité de leur âge, entre espoirs démesurés, convictions et doutes, ils vont expérimenter, partager et se battre. Il faut souvent traverser le pire pour vivre le meilleur …  


    • Mon avis:

    Ayant été conquise par les deux premiers tomes de la "trilogie" de Gilles Legardinier, Demain j'arrête! et Complètement cramé! je partais donc confiante pour ce troisième volume, qui nous conte cette fois l'histoire de Camille, jeune adolescente en fleur, et de sa bande de copains.
    Pourtant, si j'ai replongé avec délice dans le style si caractéristique de l'auteur, cette histoire s'est révélé un peu en dessous de mes attentes.

    Sans vouloir raconter la clé de l'intrigue, j'ai eu l'impression que le thème était une facilité de scénario pour nous émouvoir, ce qui m'a un peu gâché mon plaisir et laissé un goût amer après la lecture. J'ai trouvé ça d'autant plus dommage que Gilles Legardinier n'a pas besoin de nous confronter à la mort pour rendre ses récits humains et touchant. Ici, ça déborde un peu trop de bons sentiments pour paraître vrai (la vision idyllique de la classe et de la bande d'ami de Camille, sa relation avec son professeur etc.)

    D'autre part, l'héroïne, Camille, m'a moins touchée que ses prédécesseurs, Julie et Andrew. Peut-être en partie parce que je n'ai pas du tout reconnue en elle l'adolescente que j'ai été, entourée d'une joyeuse bande d'amis soudée pour le meilleur et surtout pour le pire. 
    Les personnages secondaires quant à eux, m'ont semblé assez peu approfondis et, excepté Axel, que j’ai tout de même trouvé un poil caricatural, je n’ai véritablement réussi à m’attacher à aucun d’entre eux, même pas Léa. 

    En conclusion, malgré un livre un peu en dessous de ce que j’attendais, j’ai tout de même passé un agréable moment. Notons tout de même au passage que, grâce au style si particulier de Gilles Legardinier et son aisance à nous toucher avec de simples mots, doit être le seul auteur à pouvoir aborder d’aussi près le sujet de la perte d’un être cher tout en nous laissant à la fin du livre plein d’espoir et avec le sourire aux lèvres, et, au fond, c'est tout ce qui importe. Chapeau l'artiste!


     Plaisir de lecture:  6/10 (Parce que je peux décemment pas mettre moins de 6 à un Gilles Legardinier!)


    • Extraits:

    « Ce jour-là, j'ai appris une chose essentielle: dans un combat, ce n'est pas le plus fort qui l'emporte, mais le plus convaincu »

    « A toujours vouloir ressembler aux autres pour se sentir intégré, on finit par sacrifier beaucoup trop de soi »

    « Elle est belle. Elle est même sublime. Elle a l'énergie de ceux qui savent ce que vaut la vie. »

    «  Je crois que la justice et la chance sont deux concepts que notre espèce a inventés pour justifier ce qu'elle ne maîtrise pas. Ça fait passer la pilule, ça justifie, mais ça ne change rien. Il vaut toujours mieux agir que croire. »

    «  Nos émotions sont le trésor que cette vie nous offre. Protège tes sentiments, si possible sans abîmer ceux des autres. »

    « On couche parce qu'on a envie. On aime parce qu'on a pas le choix. »

    « Rien n'est plus impressionnant que la colère sincère de gens adorables. »

    « Tout se déroule comme si, lorsqu'il est question d'affaires de cœur, tout devenait plus aigu et plus risqué. Chaque mot compte. Chaque silence aussi. Chaque respiration. Chaque intonation. Chaque regard. Chaque geste, du plus infime frémissement au plus ample. Les mains parlent, le corps parle, chaque partie de nous-même se mêle à la conversation. »

    « Ce qui nous touche peut venir de n'importe où. Pas besoin de génie. C'est la magie de la vie. »

    « Le plus grand malheur, la pire des solitudes, c'est de n'être utile à personne. »


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  • Anima - Wajdi Mouawad

     Anima - Wajdi Mouawad
    Actes Sud

    394 pages
    23,00€ (Broché)

     

     Résumé:

    Lorsqu’il découvre le meurtre de sa femme, Wahhch Debch est tétanisé : il doit à tout prix savoir qui a fait ça, et qui donc si ce n’est pas lui ? Éperonné par sa douleur, il se lance dans une irrémissible chasse à l’homme en suivant l’odeur sacrée, millénaire et animale du sang versé. Seul et abandonné par l’espérance, il s’embarque dans une furieuse odyssée à travers l’Amérique, territoire de toutes les violences et de toutes les beautés. Les mémoires infernales qui sommeillent en lui, ensevelies dans les replis de son enfance, se réveillent du nord au sud, au contact de l’humanité des uns et de la bestialité des autres. Pour lever le voile sur le mensonge de ses origines, Wahhch devra-t-il lâcher le chien de sa colère et faire le sacrifice de son âme ? 


    Mon avis:

    Cet ouvrage est un livre coup de poing. Il est difficile d'en parler tellement il vous prend aux tripes, les retourne et ne les lâche pas avant que vous ayez fini la dernière page, vous laissant alors sonné et désemparé. 

    On y suit Wahhch Debch, qui, un jour, en rentrant chez lui, retrouve sa femme morte, un couteau dans le sexe, éventrée (tuant ainsi l'enfant qu'elle portait) puis violée dans la plaie
    Le ton est posé. Âmes sensibles s'abstenir, ce livre n'est pas fait pour vous. Scène macabre de viol, cruauté, sexualité animale, scène de torture, rien ne nous est épargné à travers l'écriture puissante de Wajdi Mouawad.

    Comme pour éviter le gouffre de la douleur et de la solitude, le héros, se lance alors à la poursuite du meurtrier dans le seul et unique but de voir son visage. Commence ainsi un long périple qui va le mener au coeur de l'Amérique mais aussi, et surtout, de ses origines puisque le meurtre de sa femme n'est que le premier tiroir qu'ouvre le héros et qui va le pousser à en ouvrir d'autres. On retrouve ainsi les thèmes cher à l'auteur, déjà présent dans Incendies: la quête d'identité liée à l'histoire du pays dont il est originaire: le Liban

    Bien que la première partie du roman soit assez molle et se traîne un peu trop en longueur à mon goût, toute la force du roman est dans sa narration originale, du point de vue des animaux se trouvant aux alentours du personnage de Wahhch. En découvrant l'histoire sous leur angle, ce sont les humains qui deviennent des bêtes aux comportements incompréhensibles. Cependant, l'instinct animal et la violence bestiale sont omniprésents, comme pour faire écho à la violence des évènements qui nous sont contés.

    La seconde moitié du livre, quant à elle, monte peu à peu en en intensité Nous y découvrons le personnage de Wahhch plus en profondeur et entamons avec lui la quête de son passé et de son identité qui nous mèneront au plus profond de l'horreur.

    Encore une fois, Wajdi Mouawad nous sert une histoire sombre et torturée, souvent à la limite de l'humain et du soutenable, mais toujours aussi fascinante par la capacité qu'ont ses personnages à continuer d'avancer, même au coeur de l'horreur. 
    J'ai aussi retrouvé ce que j'aimais tant dans la plume de l'auteur: Ce style qui peut se montrer aussi cru que poétique et qui confère à son écriture toute sa puissance.


    Plaisir de lecture:  7/10 (mention "impossible de dormir ni de te concentrer sur quoi que ce soit d'autre après la lecture")


    Extraits:

    « Si la vie est un perpétuel cri de douleur, comment faire pour entendre son écho et échographier le visage de ce qui nous fait souffrir?
    - Si le cri est perpétuel, plus rien n'est visible.
    - Bingo! Chaque cri doit être suivi par un silence pour faire entendre son écho. Celui qui ne fait que hurler sa douleur n'en verra jamais le visage tout autant que celui qui s'obstine à la taire.

    C'est la leçon des chauve-souris: pour voir le visage de ce qui te fait souffrir, tu dois faire de ta douleur un collier qui enchaîne des perles de silences aux perles de tes cris »

    « L'aimer, c'était l'aimer plus. Lui dire son amour était impossible puisqu'à l'instant ou il voulait lui dire Je t'aime, déjà il l'aimait davantage et il lui aurait fallu le lui redire et le lui répéter pour être a la hauteur de cette enivrante addition. Ce n'était pas que les mots n'étaient pas assez grands, ils n'étaient tout simplement pas assez rapides »

    « Ils ont parlé, ils ont échangé, ils ont partagé. Conjugaison des sentiments, finesse des voix, douceur des timbres, vibration des cœurs et circulation des mots: enchantement, grâce, douleur et art »

    « Il y a des êtres qui nous touchent plus que d'autres, sans doute parce que, sans que nous le sachions nous même, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque »


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